Pourquoi imiter les oiseaux

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Nous pensons que depuis les temps les plus reculés, l’Homme a toujours essayé d’imiter le chant ou le cri des animaux, non pas pour les charmer mais pour les capturer et s’en nourrir. C'était une nécessité vitale.

Si ce besoin de nourriture à base d’animaux ou d’oiseaux sauvages n’est plus vital de nos jours, il n’en demeure pas moins une attirance relevant d’une passion transmise au travers de nos gènes : la chasse.

Nous naissons "prédateur" et nous le demeurons dans une mesure certes adaptée à l'évolution de l'Homme et de l'Histoire. Nous avons hérité de nos ancêtres cette technique de chasse qui avec l’utilisation du "chilet" relève d’un art cynégétique provençal vieux de plusieurs siècles. Il nous appartient d'en préserver et d'en diffuser la pratique pour le maintien d'un patrimoine régional propre à l'arc méditerranéen.

Le chilet est donc avant tout l'expression d'une technique de chasse propre à notre région, mais l'on peut aussi y voir un moyen de communiquer avec nos amis ailés et les non-chasseurs qui s'initient à cet art sont tout heureux lorsqu'ils arrivent à établir le dialogue avec un oiseau au cours de leurs balades.

Notre désir est de transmettre cet héritage au travers des écoles qui ont été créées et en organisant des concours où la convivialité prime sur les résultats.

Au travers de concours internationaux nous rencontrons nos amis Italiens et Espagnols qui sont animés de la même passion.

Que cela soit en Provence, en Lombardie ou à Valencia nous avons tous le regard tourné vers le ciel lorsque arrive le mois d’Octobre,

Petite anecdote : un militaire racontait qu'un jour, s’adressant à son supérieur, il lui avait dit : « mon Commandant, nous sommes au mois d’octobre plutôt une grive sur la branche qu’un galon sur la manche…»

On est Provençal ou on ne l'est pas !

Les chileurs, la saga d'une grande famille

 Vidéo enregistrée le 8 décembre 2013 à Aups lors de la "Fête des Champions"

 

Conte imaginé, écrit et raconté par Jean-Paul Florentino

Tout commence il y a des milliers d’années lorsque l’homme, pour attirer des animaux dans ses pièges, essaie d’imiter leurs cris, pour cela il va utiliser des éléments naturels tels que roseaux, coquilles, os percés ...
C’était vraisemblablement notre ancêtre.

Puis au fil des temps la technique s’est peu à peu répandue et il était commun d’utiliser un appeau pour la chasse à la pipée.

En Provence on utilisait donc un chilet (un appeau) lorsqu’on allait à la chiliero (cabane) pour la chasse à la chilo (chasse à la pipée, c'est-à-dire aux gluaux).
Depuis les choses n’ont cessé d’évoluer et le noyau d’abricot ou la coquille d’escargot ont été remplacés par un petit instrument en métal que nous connaissons tous et qui fait notre bonheur les jours de bon passage.

L’art du chilet était néanmoins un secret jalousement gardé qui ne se transmettait que de bouche à oreille, si l’on peut dire, et dans un cercle très restreint. Il faut dire qu’un bon chileur pouvait bien arrondir ses fins de mois en louant ses talents aux riches bourgeois et commerçants propriétaires d’un poste dans leur bastide. On bon chileur pouvait se louer jusqu'à 5 francs la matinée !

Les pratiquants de cet art étaient quelque peu isolés et se rencontraient sporadiquement au cours de joutes qui relevaient plus du "marché de l'emploi" que des joutes amicales que nous connaissons aujourd'hui.

En effet depuis 1907, date à laquelle remonte le premier concours officiel qui s'était déroulé à Ollioules dans le Var, des rencontres étaient organisées, mais l’objectif pour les chileurs était plus de se mettre en valeur pour décrocher d’éventuelles matinées d’embauche.
Nos aïeuls avaient donc le sens des affaires.

Enfin, en 1984, Marius Barrière, président de l'UDDCTV (Union Départementale de Défense des Chasses Traditionnelles du Var) décide de créer dans une émanation de l'association, le Championnat Régional d'Imitation du Chant des Oiseaux. Son objectif : regrouper les imitateurs dans un championnat commun au Var, aux B-d-R et au Vaucluse essentiellement.
L’idée était lancée et a très vite connu un franc succès.

Depuis la famille n'a cessé de croître et les champions ont succédé aux champions, il y en a même qui se sont succédés à eux-mêmes à plusieurs reprises ! La famille des chileurs était née et les rencontres prenaient un côté plus convivial.
Comme dans toute saga, il y a eu des évènements qui ont marqué la famille. Et malgré des moments malheureux qui sont venus troubler notre quiétude, nous avons connu des bons moments aussi, à commencer par 2006 où pour remplacer l'UDDCTV disparue, l'AICO est née.

Jackie Theunis, l'heureux papa, en a été le premier président et a assuré sa croissance pendant ses premières années. En 2009, Marc Allione, promu parrain, a pris sa succession et continue depuis avec bonheur de veiller à son évolution.

En 2006 également, la famille s'est agrandie avec la création de la première école de chilet dans les B-d-R avec le concours de la FDC13. Pour assurer la pérennité de la famille, il fallait une pépinière, Claude Caffo, l'heureux géniteur en a eu l'excellente idée et depuis il a vu sa progéniture croître d'année en année, puisque de nos jours pas moins de 13 écoles fonctionnent dans la région et même hors région (5 dans le Var et les B-d-R, 1 dans le Vaucluse, 1 en Gironde et 1 dans l'Hérault) et peut-être une 14ème viendra s'ajouter dans les B-d-R, bientôt.
Belle réussite et félicitations au créateur !

Choyés dans le cocon familial et au fil de l'évolution, les anciens élèves sont devenus professeurs et pas moins de 5 champions des dernières années sont issus de leur rang. Les enfants grandissent et malgré le respect profond qu'ils ont pour leurs aînés, ils ont un peu tendance à les pousser sur le côté, sans qu'il y ait pour autant conflit de génération. Ils savent bien d'ailleurs que c'est le sort qui les attend dans quelques années, lorsque les jeunes pousses actuelles auront pris plus d'aisance !

Autre évènement heureux enregistré il y a peu, c'est l'union de l'AICO avec l'AECT.
Nous pouvons dire qu'il s'agit là d'un mariage à la fois d'amour et de raison, car prouvant ainsi que le langage du chilet est universel, nous ne pouvions que nous unir à nos amis Italiens et Espagnols pour la défense d'un héritage commun.

Nous participions déjà depuis 1998 au championnat européen, mais depuis 2011 nous avons resserré nos liens avec nos parents européens au travers de notre participation à un programme scientifique dépassant les rives de la Méditerranée et nos relations ne font que se renforcer depuis notre entrée dans la grande famille européenne.

Enfin puisque nous parlons de famille, nous ne saurions oublier une marraine qui comme une bonne fée, veille sur nous et nous épaule chaque fois que nous en avons besoin. La ʺFée DC83ʺ est depuis toujours à nos côtés et nous remercions son président, Marc Meissel, qui en bon parrain nous accompagne dans notre parcours et avec lequel nous cheminons depuis de nombreuses années.

Nous avons la chance de faire partie dune grande famille et c’est un vrai bonheur de nous trouver tout au long de l'année au cours des concours et autres manifestations.

Souhaitons donc longue vie à l'AICO !

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